Hors-Série VI : Respectez mes soeurs
- Citronnade

- 13 févr. 2020
- 3 min de lecture
Ce prochain 8 mars réfère à l’ancestrale lutte pour les droits des femmes, un combat commencé il y a bien longtemps mais qui a pris de l’ampleur dans le monde occidental depuis ce dernier siècle. Cette date est une journée de constat et de promesse sur ce qu’il reste encore à accomplir pour établir une équilibre durable entre les deux genres de l’espèce humaine. La tolérance en la différence et le refus de supériorité condensent les principaux ingrédients pour mener à bien cette quête vers des relations saines et égales entre femmes et hommes.

L’année dernière, un vibrant hommage avait été lancé à toutes les héroïnes présentes dans nos entourages et cette célébration continue en ce même jour. Cette fois-ci, en se concentrant sur l’impressionnante résistance que font preuve de nombreuses femmes à supporter les diverses explications masculines du comment elles devraient vivre leur vie. De nombreux hommes se trouvent légitime de vous exprimer comment vous devez vous habiller, vous comporter en société, exprimer vos idées politiques et vos croyances religieuses … Le bien-fondé de leurs dires n’a pas plus de valeur que la pisse de chat, si ce n’est pas moins.

Mes soeurs, vos soeurs, nos soeurs … Elles ne sont propriété de personne et en cela, leur liberté et leur entité doivent être respectées. Certaines appartiennent à une autre culture, certaines ont une autre couleur de peau. Certaines sont athées, d’autres religieuses non-pratiquantes. Et d’autres encore ont choisi d’embrasser leurs croyances envers le divin. Ce sont leurs décisions et ces dernières doivent être respectées sans l’état d’un jugement. Prôner l’extreme laïcité en affirmant qu’aucune religion n’a d’importance mais tout en parallèle louant les origines judéo-chrétiennes de l’occident se trouve être un acte de pur rejet des cultures et des personnes qui n’entrent dans aucune de ces catégories, de nombreuses femmes en sont les premières victimes.
Dans l’occident, la religion est un choix personnel, la liberté de culte permet la pratique de sa foi dans les meilleures conditions sauf que de nombreux politiciens ciblent des femmes par leur différence en utilisant la laïcité comme bouclier de la république. Le débat sur le voile qui a endiablé les plateaux de télévision ne laissait aucune place d’expression aux premières concernées, celle qui portent le hijab. Sous couvert de laïcité, les divers chroniqueurs exprimaient leur refus de cette coiffe religieuse dans les pays dits démocratiques. A travers leurs mots, on ne pouvait sentir que de l’ignorance, de la bêtise et un peu de misogynie pour saupoudrer le tout. Ces chroniqueurs, majoritairement des hommes blancs hétérosexuels, ont une opinion complètement faussée sur ce type de représentation religieuse ; ne laissant pas le choix à ses femmes de porter librement les habits qu’elles souhaitent. Leurs principaux arguments se tiennent dans l’assujettissement et la potentielle radicalisation liés à cette religion devenue véritable bouc-émissaire des maux de l’occident depuis plusieurs décennies. Jouant sur un discours de peur et de rejet, ils poussent le public à questionner l’essence même du sens de laïcité, qui est pourtant une ode à la tolérance et à la différence. Leurs attaques répétées ne reflètent que leur simple vision étroite de la république où seul leur imaginaire peut convenir alors qu’en période d’émancipation féminine revendiquée, leur idéal de société parait abscons. Le port du hijab est une affaire personnelle, c’est une preuve vestimentaire de la foi d’une femme et cela ne regarde qu’elle et elle seule. L’avis d’hommes ignorants en train de spéculer sur l’impact de cette tenue n’en a que peu d’importance.

Au delà du religieux, l’homme s’est toujours senti obligé d’organiser la vie de ses consoeurs selon ses propres critères : vestimentaires, sociaux et sexuels. Cependant, la sexualité des femmes est leur propre propriété, que ce soit leurs préférences de genre ou le nombre de leurs conquêtes, cela concerne leur vie privée. Ainsi, aucun homme n’a le droit de jauger la pureté ou la saleté de leur activité sexuelle. Qu’elles soient plutôt branchées pêche ou plutôt banane ou même amatrice de salade de fruits, elles sont maitresses de leur corps, de leur sexualité et de la fréquence de leurs rapports. Et, pour toi homme hétérosexuel blanc qui te sens si puissant, ce n’est pas parce qu’une femme rejette tes avances qu’elle mérite une réputation de putain, tu ne l’intéresses pas un point c’est tout et assume juste la crampe que tu as prise.

A toutes celles qui résistent quotidiennement à toutes ces pressions venant de toute part, je leur tire la plus grande de mes révérences. Vivre selon ses choix et envies n’est pas limité aux hommes hétérosexuels, c’est valable pour tou.t.es quelque soit son origine, sa religion, sa sexualité, son rang social, son genre. En 2001, le groupe Destiny’s Child scandait déjà cette ode à la liberté avec les paroles suivantes : « Try to control me, boy, you get dismissed » dans leur tube « Independent Women ». Simplement, l’avis de ces hommes importe peu, seule votre liberté compte.



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