Hors-Série IV : David Bowie, la poussière d’étoile qui dansait dans la rue
- Citronnade

- 24 juil. 2019
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 nov. 2019
Chasse au trésor : 20 titres et un bonus de David Bowie se sont cachés dans cet article. Arriveras-tu à tous les retrouver ?
Le 21 juillet 2019, une video sortait sur la toile, l’étrangeté spatiale décrite par David Bowie cinquante années plus tôt avait le droit à un nouveau lifting. Cet hommage à l’un des trésors de la musique britannique permettait de se replonger dans son univers. Même trois années après son décès, le travail de la petite merveille garde son éclat et de nombreuses radios continuent toujours à diffuser ses chansons.

Pur produit du sud de Londres et féru d’art et de musique, le jeune David proposa ses compositions, tout d’abord, à la BBC mais la grande radio les rejeta d’un revers de main trouvant qu’il chantait faux. Plutôt secoué par ce mauvais retour, il décide d’opérer quelques changements, il finit par sortir son premier album en 1967 mais le public boude ses envolées de pop baroque. Pour payer ses factures, le londonien devient mime sur la tournée de T. Rex, l’autre grand groupe Glam Rock. Inspiré par le lancement vers la lune d’Apollo 11, il compose la première péripétie spatiale de Major Tom. Bowie signe alors son premier hit et ainsi le premier d’une longue série. Il décide d’électriser ses prochaines compositions grâce à son nouveau groupe de musiciens fraichement recrutés. Androgyne jusqu’au bout des ongles, l’homme était prêt à vendre le monde pour briller devant son nouveau public américain et ses nouveaux amis Lou Reed et Iggy Pop.

Mais son regard était toujours dirigé vers les étoiles, son premier amour. S’interessant d’abord aux possibilités de vie sur Mars, il ajouta des paillettes à ses yeux, colora ses cheveux en rouge, et la nuque longue au vent, Bowie devient Ziggy Stardust, un humano-extraterrestre porteur d’un message pour l’humanité qui n’a plus que cinq années à vivre. L’homme des étoiles est sur toutes les bouches, ses singles caracolent en tête des hit-parades mondiaux. Mais ce succès monte à la tête de Ziggy, et telle une annonce prophétique à la fin de son album, l’hybride aux cheveux rouges se suicide sur scène une cigarette à la main. Ziggy est mort mais Bowie renait sous les traits d’Halloween Jack, pirate androgyne qui déambule dans les rues d’une ville post-apocalyptique. Rebelle, il est épris d’amour pour une personne qui défie les lois du genre et rebelle, personne ne le comprend.

Le pays de l’Oncle Sam devient alors son nouveau terrain de prédilection, il y vit et rend hommage à la jeunesse américaine de part son virage soul et funk. Aminci, cocaïné comme jamais, il opte pour une nouvelle coupe de cheveux, gominés et tirés en arrière, le tout d’un roux luisant. Cette nouvelle apparence lui vaudra le surnom de White Thin Duke. Paranoïaque et aussi effrayé par les américains, Bowie trouve réconfort dans l’Est-berlinois, la froideur des lieux et le gris ambiant l’inspirent pour des compostions plus brutes et électroniques. En plein essor punk du côté des rues londoniennes, Bowie synthétise ce qui suivra cette déferlante de rébellion et de rythme binaire, le post-punk, un genre froid et austère. Aidé par Brian Eno, futur producteur de Coldplay, le Duc blanc tout fin souhaite être un héros seulement pour un jour et le postérité lui rendra bien. La trilogie berlinoise reste même à l’heure actuelle considérée comme étant l’âge d’or du britannique aux yeux vairons.

Avant d’aller faire danser le monde entier, David offre une nouvelle vie à son tout premier personnage Major Tom. Ce dernier, devenu un junkie, enchaine les rails de cendres, les uns après les autres comme une machine. Loin de lui ces monstres effrayants, Bowie s’abandonne totalement à la pop et atteint le pic de sa popularité, rivalisant même avec Billie Jean, l’ultime hit du marcheur sur la lune. La descente ne fut que plus brutale pour l’ancien Ziggy. Malgré son amour pour l’étrange, ses ventes ne décollent plus, la singularité de l’artiste n’est plus. Bowie ne crée plus de neuf, il n’arrive plus à surprendre.

En 1995, il retrouve un vieil ami, Monsieur Eno, pour relancer sa carrière. Inspiré par un jeune groupe américain qui mêle rock et musique industrielle, Bowie retrouve le chemin du succès. Son alliance avec la bande de Trent Reznor lui permit même de réapparaitre dans le hit-parade américain, mettant fin à prêt de dix années de disette.

Le nouveau millénaire passé, David continue à sortir des albums et apparaît même dans une publicité pour une célèbre marque d’eau. Nombreuses des différentes identités du britannique sont présentes à l’écran, tout en célébrant le fait de ne jamais vieillir. Malheureusement sa condition physique le rattrape, et en pleine tournée en Allemagne, Bowie est évacué de scène et subit une angioplastie d’urgence. Ce sera l’une de ses dernières apparitions sur scène, il accompagnera quelques fois certains artistes mais plus de tournée ou de concert complet pour lui, ordre du médecin.

En 2013, à la surprise générale, comme un petit cachotier, le malin Bowie sort un nouvel album, son aura et la qualité de son oeuvre lui permissent un succès triomphal mais l’homme des étoiles reste très discret face à ces félicitations populaires. Une année écoulée, on lui annonce qu’il a un cancer du foie, conscient du peu de temps qu’il lui reste, il invite son producteur fétiche, Tony Visconti, à écrire un dernier album qui sera la conclusion de son oeuvre, son chant du cygne. Le 7 janvier 2016, sort le clip de la chanson intitulée « Lazarus », on y voit un Bowie attaché à son lit attendant la mort. Une vidéo prophétique car trois jours plus tard, comme Ziggy Stardust quarante années plus tôt, l’homme qui venait de Mars n’est plus.

Et maintenant, où en sommes-nous ? Que reste de l’artiste David Bowie ? Des citations de l’artiste apparaissent de temps à autre dans le métro londonien. Des graffitis à son effigie colorent les rues des capitales du monde. Une Barbie portant le costume du rockeur martien à la nuque longue rouge a vu le jour. L’éclair rouge sur le visage est même devenu un émoji, symbole de la postérité 2.0 de Ziggy. Des nombreux artistes se revendiquent dignes successeurs du britannique aux milles visages, comme par exemple, l’américaine Lady Gaga, pop star affable de déguisements et d’expérimentations pop. Elle offrira au public des Grammy Awards, un medley bowien enchainant les costumes et les reprises du génie du Jean. Donc, à vous tous les jeunes mecs et les jeunes femmes, n’oubliez pas l’oeuvre de ce martien de la musique qui a émerveillé, surpris, enchanté, permis de secouer nos bassins grâce à des rythmes endiablés. L’homme n’est plus mais son aura sera toujours là et comme il se plaisait à dire : « Je ne sais pas où je vais mais je vous promets que l’on ne s’ennuiera pas. »
Clip officiel de Space Oddity (2019 Mix)



Commentaires